Héberger des systèmes d’information sensibles dans le cloud

Le cloud est devenu un levier majeur de transformation numérique. Agilité, scalabilité, réduction des délais de mise en production : les bénéfices sont réels.
Mais lorsqu’il s’agit de données sensibles, le cloud pose aussi de véritables questions de sécurité, de souveraineté et de responsabilité.

Pour aider les organisations à faire les bons choix, l’ANSSI a publié des recommandations claires. Voici l’essentiel à retenir.

Retrouver le guide complet de l'ANSSI

Le cloud : opportunité… et surface d’attaque

Les attaquants ont bien compris une chose :
👉 le cloud concentre des données critiques, des traitements sensibles et des accès mutualisés.

Résultat :

  • les infrastructures cloud sont des cibles privilégiées ;

  • la mutualisation augmente les risques de propagation en cas de compromission ;

  • certaines offres sont soumises à des lois extraterritoriales, pouvant imposer l’accès aux données par des autorités étrangères.

👉 Conclusion : tous les systèmes ne sont pas faits pour le cloud, et toutes les offres cloud ne se valent pas.

Les recommandations ANSSI : un outil d’aide à la décision

L’objectif de l’ANSSI n’est pas d’interdire le cloud, mais de répondre à une question clé :

Quel type de cloud pour quel niveau de sensibilité et de menace ?

Les recommandations s’adressent notamment :

  • aux SI sensibles (publics ou privés),

  • aux opérateurs d’importance vitale (OIV),

  • aux opérateurs de services essentiels (OSE),

  • et aux systèmes d’information d’importance vitale (SIIV).

⚠️ Elles ne s’appliquent pas aux systèmes classifiés, et rappellent qu’un projet cloud reste un choix stratégique, validé au plus haut niveau de l’organisation.

Avant de migrer : les précautions indispensables

1. Étude d’impact et analyse de risques

Toute décision cloud doit s’appuyer sur :

  • une analyse métier (criticité, dépendances),

  • une analyse juridique (réglementation, souveraineté),

  • une analyse de risques cyber, intégrant :

    • le niveau de menace,

    • la sensibilité des données (confidentialité, intégrité, disponibilité),

    • les risques spécifiques au cloud (exposition internet, mutualisation),

    • les risques extraterritoriaux.

👉 Le cloud n’est pas un sujet uniquement technique, c’est un sujet de gouvernance.

2. Sécurité : ce qui reste toujours à la charge du client

Même avec une offre sécurisée :

  • la configuration des accès,

  • le contrôle des droits administrateurs,

  • le filtrage réseau,

  • la gestion des correctifs,

  • la sécurisation applicative

👉 restent de votre responsabilité.

Un cloud « sécurisé » ne protège pas une application mal configurée.

3. Réversibilité et compétences internes

L’ANSSI insiste sur deux points souvent négligés :

  • prévoir une clause de réversibilité pour éviter l’enfermement chez un fournisseur ;

  • former les équipes (IT et pilotage projet) pour maîtriser :

    • les risques,

    • les coûts,

    • les délais.

Les 3 piliers des recommandations

Les choix cloud reposent sur trois critères indissociables.

1. Le type d’offre cloud

On distingue notamment :

  • Cloud public : mutualisé entre clients

  • Cloud privé : ressources dédiées à une seule entité

  • Cloud communautaire : partagé entre organisations ayant un intérêt commun

  • Cloud interne : opéré pour les besoins propres d’une organisation

👉 En pratique, beaucoup d’organisations évoluent vers des architectures hybrides.

2. Le niveau de menace

L’ANSSI identifie trois grandes catégories :

  • Menace stratégique
    Attaques étatiques, espionnage, sabotage, lois extraterritoriales.

  • Menace systémique
    Cybercriminalité de masse, rançongiciels, fraude, outils offensifs industrialisés.

  • Menace isolée ou hacktiviste
    Actions de déstabilisation, DDoS, fuites de données.

👉 Plus la menace est élevée, plus l’exigence sur le cloud doit l’être aussi.

3. La nature du système d’information

Tous les SI n’ont pas le même niveau de criticité :

  • SI diffusion restreinte (DR),

  • SI sensibles relevant de la doctrine “cloud au centre”,

  • SI d’OIV / OSE,

  • SI d’importance vitale (SIIV).

👉 Les SIIV sont considérés comme des cibles systématiques par des acteurs de haut niveau.

Focus clé : SecNumCloud, le repère de confiance

Le référentiel SecNumCloud, porté par l’ANSSI, définit un haut niveau d’exigence :

  • technique,

  • opérationnel,

  • juridique (notamment face aux lois extraterritoriales).

Une offre qualifiée SecNumCloud :

  • apporte un niveau de confiance élevé sur l’infrastructure,

  • facilite les démarches d’homologation,

  • n’exonère jamais le client de sécuriser ses usages.

👉 C’est un socle, pas une garantie absolue.

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